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L'info de Golden Gate

   28-01-07   L'économie israélienne fait face au krach boursier avec beaucoup de sang-froid.




La Bourse de Tel Aviv semble mieux résister que les autres marchés financiers à la crise internationale. Depuis le début de 2008, Tel Aviv n’a perdu “que” 12,5%, soit bien moins que les places de Paris, Francfort, New York, Tokyo ou Sidney. L’économie israélienne fait donc face au krach boursier avec beaucoup de sang-froid.

Pourtant, les économistes s’accordent à dire que le krach finira par se répercuter sur l’économie israélienne.

Or à la différence de l’économie américaine, l’économie israélienne est en bonne santé. Sa croissance est forte, son endettement extérieur est en baisse, le chômage recule, les capitaux étrangers affluent et sa monnaie est solide. Et sa crédibilité internationale lui permet de lever des emprunts sur les marchés internationaux dans de bonnes conditions.

En revanche, Israël fait partie du “monde global” et son économie n’est pas vaccinée contre les turbulences internationales. D’ailleurs, les experts israéliens ne se font pas d’illusion: la crise boursière est là pour durer et elle pourrait même s’aggraver en Israël, ce n’est qu’une question de temps.

Reste à savoir quel est l’impact direct et immédiat de la crise actuelle sur l’économie israélienne et sur le portefeuille des Israéliens.

L’inflation va-elle redémarrer?

Le renchérissement des matières premières dans le monde est la cause principale de l’inflation actuelle en Israël (3,4% en 2007). Or, la baisse du dollar ne suffit pas à contrebalancer la hausse mondiale des produits de base. Malgré un taux d’intérêt élevé (4,25%), la Banque d’Israël aura donc du mal à contenir en 2008 l’inflation en dessous de l’objectif maximal de 3%. Cette inflation “importée” reste supportable pour l’économie israélienne; elle est aussi le prix à payer pour garantir l’intégration de l’économie israélienne à l’économie mondiale.

Les taux d’intérêt vont-ils diminuer?

Après la baisse des taux d’intérêt aux Etats-Unis de 0,75 point (à 3,5%), l’écart avec le taux directeur d’Israël (4,25%) se creuse à nouveau. Cet écart porte atteinte au rééquilibrage des taux de change entre le shekel et le dollar. Or si aucun expert ne saurait prédire quelle sera la réaction future de la Banque d’Israël, tous s’accordent à prévoir qu’un nouveau relèvement des taux en Israël ne ferait qu’accélérer la baisse du dollar et porterait un coup supplémentaire aux exportations israéliennes. Le gouverneur de la Banque centrale devra prendre en compte qu’en cas de récession mondiale, la stabilité des prix en Israël devient un objectif marginal. Aujourd’hui, ce sont les exportations qui deviennent l’enjeu majeur de la politique économique; et seule une baisse des taux d’intérêt en Israël est susceptible de freiner la chute du dollar.

Les entreprises auront-elles du mal à se financer?

Le krach boursier a fait perdre beaucoup d’argent aux entreprises israéliennes et à leurs actionnaires. Depuis le début de 2008, ce sont 64 milliards de shekels (12 milliards d’euros) qui ont été rayés de la Bourse de Tel Aviv. Et comme la Bourse est un des principaux instruments de financement des entreprises israéliennes, c’est une source qui va se tarir momentanément. Tous les secteurs ont été touchés par la chute des cours, depuis les banques et jusqu’à l’industrie chimique, l’agroalimentaire, le high tech et les valeurs immobilières. Mais dans la mesure où il s’agit de sociétés solides, le manque de financement ne devrait être que passager. Certes, il n’y a pas de pénurie d’argent en Israël, ce qui n’empêche pas un taux d’intérêt élevé de renchérir le crédit. Les entreprises devront payer plus cher leur crédit ou remettre leurs investissements à plus tard. Dans tous les cas, la croissance des investissements observée en 2007 (+9%) se ralentira sans doute et ne dépassera pas les +5% en 2008.

Et l’immobilier?

En Israël comme ailleurs, la pierre est toujours une valeur refuge en cas de krach boursier ou de crise financière grave. Et comme il existe ici une pénurie chronique de logements, l’immobilier reste encore un des placements les plus sûrs en Israël. Les prix de l’immobilier resteront donc à la hausse, et la “shékalisation” des transactions (vente comme location) favorise les détenteurs d’euros.—

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