Les jeunes israéliens qui désirent acheter un appartement à un prix décent vont-ils commencer à en vouloir aux juifs de la diaspora, dont les Français, qui achètent des appartements à des prix assez souvent trop élevés ? IsraelValley laisse la parole à Jacques Bendelac qui a réalisé un travail d’enquête minutieux. (DR)
Les achats massifs des Juifs de la Diaspora et plus particulièrement de France se sont poursuivis tout l’été. En achetant à n’importe quel prix, les acheteurs étrangers ont fait flamber l’immobilier et ont involontairement accentué la pénurie, notamment dans les régions du centre et de la côte.
On peut même constater un “partage” du marché entre les différentes nationalités. Les Français achètent à Ashdod, Ashkelon, Netanya, Jérusalem et Eilat. Les Anglais concentrent leurs achats à Jérusalem et autour de Netanya alors que les Américains jettent leur dévolu sur Tel Aviv et Jérusalem.
Certes, la demande des Américains s’est atténuée du fait de la faiblesse du dollar et de la crise des crédits immobiliers “subprime” aux Etats-Unis. Par contre, les Européens qui jouissent d’un euro fort n’ont pas l’intention de freiner leur boulimie pour l’immobilier israélien.
Ce sont donc les étrangers qui profitent de cette pénurie alors que les Israéliens ont toujours du mal à se loger à des prix raisonnables. D’autant plus que les appartements achetés en Israël par des Juifs de France ou d’ailleurs restent vides une bonne partie de l’année: les résidents étrangers rechignent à louer leur bien foncier en leur absence…
Comment expliquer alors le ralentissement de la construction si la demande est si forte? L’explication semble être dans la pénurie de terrains à construire qui ne permet pas aux promoteurs d’entamer de nouveaux projets. Sans compter que dans les régions les plus demandées, les terrains à construire sont destinés à l’immobilier de luxe au détriment de logements plus “populaires”.
Dans l’immédiat, aucun indice ne confirme que la pénurie est prête de se résorber. D’ailleurs, le gouvernement israélien ne fait rien pour résoudre cette pénurie. Les terrains à construire se font toujours rares dans les régions les plus demandées et la politique publique n’encourage pas les crédits à la construction.—